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Archives de Sofina - Premier versement

 

Conservées aux AGR depuis 2000.

 

Traitement : AVAE entre 1999 et 2001.

 

Masse : 71 mètres linéaires ou 903 articles.

 

Inventaire : publié (Jean-Louis MOREAU & René BRION, Inventaire des archives du groupe SOFINA (Société financière de transports et d'entreprises Industrielles) (1881 - 1988), publication I291, Archives générales du Royaume, Bruxelles, 2001).

 

Dates : 1881-1988.

Archives de Sofina - Deuxième versement

 

Conservées aux AGR depuis 2001.

 

Traitement : AVAE en 2006.

 

Masse : 79 mètres linéaires ou 867 articles.

 

Inventaire : publié (Brion, René & Moreau, Jean-Louis, Inventaire des archives des groupes Sofina (Société fiancière de Transports et d'Entreprises industrielles et Engétra (Société anonyme d'Entreprise générale de Travaux), 2e versement, 1887-1990, série Inventaires Archives générales du Royaume 2 - dépôt Joseph Cuvelier, publication BE-A0545 / I58, Archives générales du Royaume, Bruxelles, 2023).

 

Dates : 1887-1990.

Histoire de l'entreprise

 

La Sofina (Société Financière de Transports et d'Entreprises Industrielles), société anonyme de droit belge, a été constituée le 21 février 1898 sur l'initiative du groupe allemand U.E.G. (Union Elektrizitäts-Gesellschaft). Celui-ci relevait lui-même du groupe américain Thomson-Houston, lié à la General Electric Cy. Une partie du capital de la Sofina – 36 % – fut souscrite par des financiers belges : la Banque Allard, la Banque Cassel et la Banque Jules Matthieu et fils… auxquelles s'ajouteront plus tard la Banque Liégeoise et la Banque d'Outremer. Cet « ancrage belge » ne peut toutefois nous leurrer : les intérêts allemands restèrent longtemps prépondérants dans la société belge.

Durant les premières années de son existence, la Sofina ne fut qu'une petite société à portefeuille s'intéressant à différentes affaires de tramways. Elle était sans influence dans les entreprises dont elle possédait des actions. L'arrivée de l'ingénieur américain Dannie Heineman à la tête de l'entreprise modifia radicalement la situation. L'histoire de la société se confondit dès lors intimement avec celle de son chef incontesté – il dirigera l'entreprise pendant plus d'un demi-siècle. Il se mit aussitôt en tête de doter l'entreprise de l'élément technique qui lui faisait défaut. Pour étudier les plans d'installations nouvelles, il créa un bureau d'études attaché à l'entreprise. La société ne s'intéressera plus désormais qu'à des affaires dont elle pouvait assurer la gestion financière et technique.

C'est vers l'Espagne que l'attention d'Heineman se porta d'abord. Dès 1905, la Sofina créait les Tramways de Barcelone en reprenant de la société anglaise The Barcelona Tramways Cy Ltd. le réseau de tramways électriques que celle-ci exploitait à Barcelone. Les Tramways de Barcelone réalisèrent en quelques années la fusion de tous les réseaux de tramways de la capitale de la Catalogne. En 1906, la Sofina créait la société des Tramways de Szegedin (à Szeged, en Hongrie) et participait avec la Société Générale Belge d'Entreprises Électriques (actuellement Tractebel) à la constitution de la société Tramways et Électricité de Bilbao. En 1907, elle prenait pied en Argentine, où elle fondait la Compagnie Générale de Tramways de Buenos-Ayres, au capital de 65 millions de francs. C'était la plus importante entreprise de transports en commun de l'époque. Ici aussi, la filiale de la Sofina réussit en quelques années à réunir sous une même direction les diverses exploitations de tramways dont elle s'était assuré le contrôle, et dont le réseau atteignait 500 km. En 1909, la Sofina débarquait quasi simultanément sur le marché italien, où elle reprenait la gestion de la Società Bolognese di Elettricità, et sur le marché français, via une société nouvelle, la Société Centrale pour l'Industrie Électrique, fondée avec l'appui des plus importants établissements financiers parisiens (Comptoir National d'Escompte, Société Générale, Banque de Paris et des Pays-Bas). La Société Centrale pour l'Industrie Électrique prendra des participations dans des affaires d'électricité en France (elle créa en 1910 la Compagnie Centrale d'Énergie Électrique, active à Rouen, où elle construisit l'usine centrale de Grand-Quevilly) et hors de France, en prenant aux côtés de la Sofina des participations dans des affaires russes (Odessa), italiennes (Bologne), turques (Constantinople), portugaises (Lisbonne)… En 1910, la Sofina continua son expansion en Amérique latine, en fondant la Société d'Électricité de Rosario. L'année 1911 fut marquée par la formation, en collaboration avec d'autres trusts, du « Consortium de Constantinople », organisme dont trois ans plus tard naîtrait la Société Tramways et Électricité de Constantinople. En 1912 et 1913, la Sofina prit des intérêts dans la société Tramways et Électricité de Bangkok (aux côtés de la Compagnie Mutuelle des Tramways) et dans les Compagnies Réunies Gaz et Électricité de Lisbonne.

Cet essor spectaculaire de la Sofina, devenue en quelques années une multinationale prospère, était dû pour l'essentiel à l'action déterminée de son directeur. Pour marquer sa reconnaissance, le Conseil appela Dannie Heineman à la présidence de l'entreprise en 1913.

Avant la guerre déjà, la Sofina avait commencé à s'appuyer plus nettement sur des établissements financiers belges, dont la Banque de Bruxelles. Après 1918, l'influence allemande s'y réduisit encore. Le rôle de la Banque de Bruxelles s'y renforça, tandis que des groupes américain (General Electric), français (Thomson-Houston française) et anglais (Metropolitan Vickers) rachetèrent les participations naguère détenues par des trusts allemands. La Sofina conserva toutefois des relations d'affaire avec l'électro-holding allemand Gesfürel (Gesellschaft für Elektrische Unternehmungen) A.G. 

L'expansion du groupe ne semblait pas devoir connaître de bornes. On le vit s'intéresser à deux entreprises industrielles belges : la société de construction mécanique Carels Frères, qu'elle revitalisa sous le nom de Société d'Électricité et de Mécanique (S.E.M.), et la Compagnie Internationale pour la Fabrication Mécanique du Verre, procédés Libbey-Owens. En 1923, Heineman et le financier Alfred Loewenstein lancèrent ensemble Sidro (Société Internationale d'Énergie Hydro-Électrique), société de droit canadien au capital de 90 millions de francs, qui rassemblait des intérêts considérables dans la Barcelona Traction Light and Power Cy, dans la Mexico Tramways Cy et dans la Mexican Light and Power Cy. En France, Heineman renforça les liens entre la Sofina et le groupe français Giros-Loucheur. Le holding prit d'importants intérêts dans les sociétés Énergie Électrique du Nord de la France (E.E.N.F.) et Cie Électrique de la Loire et du Centre (C.E.L.C.). En 1927, la Sofina s'intéressa aussi à la Société des Forces Motrices de la Truyère, qui construisit sur cet affluent du Lot deux centrales hydroélectriques d'une puissance totale de 240.000 kW. 

En Belgique, les intérêts de la Sofina dans le secteur électrique se limitèrent d'abord à la Société d'Électricité de la Région de Malmédy (Serma), qui construira différentes usines hydroélectriques sur la Warche et l'Amblève : celles de Bévercé, Robertville, Butgenbach et Heid de Goreux. En 1926, la Serma prit un intérêt important dans la Centrale Électrique de l'Entre-Sambre-et-Meuse, avec laquelle elle devait d'ailleurs fusionner plus tard sous le nom de Centrales Électriques de l'Entre-Sambre-et-Meuse et de la Région de Malmédy (Esma).

Pour disposer de l'instrument financier nécessaire pour mettre en œuvre ses nombreux projets, Heineman créa en 1928 une Nouvelle Sofina (Trust Financier de Transports et d'Entreprises Industrielles), au capital de 100 millions de francs représenté par 200.000 actions de 500 francs. En 1929, l'ancienne Sofina fit apport de l'ensemble de ses actifs à la société nouvelle, qui ouvrit parallèlement son capital à des investisseurs de nombreux pays : américains, mais aussi britanniques, français et allemands.

Les inquiétudes qui pesaient à la fin des années trente sur la paix dans le monde amenèrent la Sofina à prendre des mesures pour sauvegarder ses intérêts en cas d'occupation du territoire. C'est ainsi, que par mesure de sécurité, la Chade apporta l'ensemble de ses droits à une société luxembourgeoise, Sodec. Dès la déclaration de guerre, celle-ci fit passer tout son patrimoine à une société de droit panaméen, la Sovalles Inc.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le portefeuille de la Sofina subit d'importantes modifications. Aux États-Unis, la société investit d'importants montants dans les secteurs du pétrole, du gaz et de l'électricité. Dans nombre de pays, ses intérêts étaient menacés. En France, ses filiales furent nationalisées contre indemnité. En Espagne, un litige pénible, long et coûteux s'engagea en 1947 autour de la Barcelona Traction, dont les actifs avaient été confisqués sur de mauvais prétextes pour être revendus à vil prix à un aventurier auquel Franco n'avait rien à refuser. Après d'incroyables rebondissements, l'affaire aboutit en 1970 à un avis d'« incompétence » de la Cour Internationale de La Haye, qui confirma de facto la perte des intérêts de Sidro en Espagne. Après avoir cédé le contrôle de la Mexican Light and Power, Sidro réorienta ses activités vers l'industrie pétrolière. En Argentine, la participation de la Chade dans l'exploitation d'électricité de Buenos Aires fut cédée en 1961.

En 1956, la Sofina absorba le holding Engétra (Société Anonyme d'Entreprise Générale de Travaux), groupe fondé en 1880 et qui s’était intéressé à de nombreuses entreprises de tramways (Rome, Bologne, Bucarest, Nikolaïev…), de chemins de fer (Chemins de Fer Catalans, Chemins de Fer en Colombie), de gaz et d’électricité (Beyrouth, Bagdad, Belgique) et de travaux (Belgique, Congo). Engétra venait elle-même de perdre ses principaux actifs en Irak et au Liban.

Au milieu des années 1950, l'actionnariat de la société se modifia. Les principaux actionnaires étaient à l'époque le groupe familial Boël, le groupe Lazard et le groupe Lambert. Dans le but de redynamiser l'entreprise, qui disposait notamment d'importantes ressources facilement mobilisables, le groupe Lambert lança le 17 novembre 1964 une offre publique d'achat (OPA) sur la Sofina. Cette opération fut contrée par la Société Générale de Belgique et par l'administrateur délégué de la Sofina, le baron Yves Boël. Un partenariat s'instaura dès lors entre la Société Générale de Belgique (détentrice de 24 % des parts) et le groupe Boël (8 % des parts) qui orientèrent désormais la Sofina dans une politique d'investissements intégrée à la stratégie d'ensemble de la Société Générale de Belgique. Sous la direction des deux administrateurs délégués, René Lamy (directeur à la Société Générale de Belgique) et Yves Boël, la Sofina devint un investment trust à caractère international. La société renonça à toute activité directe et son bureau d'études fut apporté à la société Traction et Électricité en 1970. Sur le plan géographique, le portefeuille connut un glissement important de l'Amérique du Nord et de l'Argentine vers l'Europe et en particulier la Belgique. Sur le plan sectoriel, si la Sofina perdit progressivement ses actifs dans les sociétés d'électricité, elle resta fortement engagée dans le secteur de l'énergie grâce à l'importance de ses positions dans Electrobel, dans Sidro et, à partir de 1970, dans Petrofina. Le portefeuille se diversifia dans les années 1970 et 1980, en s'ouvrant aux secteurs de la grande distribution (Colruyt, GIB…) et de la finance (Caisse d'Épargne Ippa, Générale de Banque, Royale Belge…). La Sofina s'intéressa aussi au « venture capital » ou « capital development ».

Intérêt

 

Le holding Sofina a été actif surtout dans les secteurs des transports publics, de la production, du transport et de la distribution d’énergie électrique. Accessoirement, elle a développé (directement ou par l’intermédiaire de filiales spécialisées) des activités dans les domaines de l’engineering, de la production et la distribution de gaz, de la construction de matériel électrique, du génie civil, des matériaux de construction… Elle a progressivement évolué vers le statut de société à portefeuille.

 

Contenu

 

Les archives contiennent des dossiers sur les principales participations de la Sofina en Belgique et à l'étranger mais également les archives propres de plusieurs dizaines d'entre elles (assemblées générales, organes de gestion). Le deuxième inventaire contient aussi de belles séries comptables.

 

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